J’ai la grande joie de partager aujourd’hui deux nouveaux textes de Michel Rosenzweig, que je remercie de son accord à ce qu’ils soient re-publiés ici.
Cette crise insensée aura au moins eu comme mérite de faire apparaître des voix proposant des perspectives riches et essentielles. Peu dans les médias établis, évidemment, qui sont eux-mêmes non seulement en plein naufrage professionnel et déontologique, mais encore dans ce qu’il faut bien appeler une véritable dérive pathogène.
Cultivant l’entre-soi dans un mouvement d’auto-satisfaction assez sidérant, certains rédacteurs en chef romands pontifient à tout va et sans scrupules une justification assez lamentable de leur dérive.
Stéphane Benoît-Godet (rédacteur en chef sur le départ du Temps) relevait qu’étant passé complètement à côté du phénomène des gilets jaunes, les rédactions étaient assez inquiètes de rater les motifs intéressants du Covid. C’est bon, ils peuvent arrêter de stresser : le ratage a été accompli dans des proportions qui fascinera les écoles de journalisme pour les siècles à venir !
Dans le style on n’a rien vu, rien compris, participé en rien aux vrais débats qu’auraient dû soulever la gestion catastrophique de cette syndémie, ils auront réussi un acmé de ratage qui en deviendrait presque glorieux d’égarement.
Comme la manipulation en cours finira bien par s’effondrer, restera la tache d’une presse démissionnaire et de pure connivence, inapte à poser les bonnes questions et encore moins de mener les bonnes enquêtes. Les acteurs en question n’auront pas bonne mine face à l’histoire.
Dans le concert des voix intéressantes (qui se sont exprimées, donc, hors des canaux de désinformation et de propagande des médias) figure celle, délicate, acérée et tendre de Michel Rosenzweig. Ce philosophe et psychanalyste belge promène depuis des mois un regard lucide et désabusé (et pour cause !) sur le désastre en cours.
Figurant au nombre des intervenants de Hold-Up, Rosenzweig y apporte la perspective de l’inconscient, aussi dans une dimension historique. Il rappelle ainsi souvent qu’il est difficile de ne pas être pessimiste quand on est de confession israélite et qu’on ne connaît que trop bien les ressorts de lâcheté et de malveillance tapis dans les méandres de l’âme humaine. Qui sont toujours à risque de ressortir comme des diables hors de leur boîte quand les conditions socio-historique y invitent. Une autre pierre dans le jardin des médias : depuis qu’ils ne savent plus guère que coller des étiquettes (procédé bien commode pour éviter de réfléchir), ils encouragent fortement et participent au premier chef à la violence mimétique.
Je partage ici deux textes magnifiques : le premier porte un regard tendre et cru sur la victoire en cours des forces de la barbarie totalitaire. Elle n’est peut-être pas définitive, mais elle est à ce stade bien engagée. Si aucune des forfaitures qui se sont déroulées n’a soulevé d’opposition massive dans la population, c’est au fond que notre société est mûre pour un nouveau fascisme : renoncer à la démocratie, à ses principes, ses processus et ses valeurs -comme c’est le cas actuellement- est tout sauf anodin.
Dans le second, il résume sa position (forcément complexe et nuancée donc incompréhensible pour certains directeurs de rédaction) sur la situation sanitaire et sur les hypothèses qu’on peut proposer pour l’éclairer.
C’est donc sur une touche douce-amère -mais de toute beauté- que je publie ici l’avant-dernier billet de l’année écoulée. P… d’année en vérité !